| Jan Krizek |
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L'exposition de Jan Krizek , Oeuvres graphiques et sculptures est présentée à la galerie de l'école du 3 au 30 avril 2009. Le vernissage a lieu le jeudi 2 avril à 18h.
Jan Krizek fut un acteur discret autant que pugnace des parages du Surréalisme à Paris au cours des années Cinquante et Soixante. Formé à l'Académie de Prague, il arrive à Paris après la Seconde Guerre mondiale. Il y rejoint le fort bataillon d'artistes tchèques exilés, affiliés ou apparentés au mouvement surréaliste : Toyen, Karel Teige, Jindrich Styrsky ou Josef Sima pour ne citer que les plus célèbres d'entre eux. À rebours de sa formation initiale, il développe presque en solitaire un art fruste et primitif qui le fait repérer d'abord par Michel Tapié. La rusticité d'allure de ses dessins comme de ses sculptures évoque irrésistiblement les monnaies ou les pierres sculptées gauloises aussi bien que l'art mycénien ou crétois. Ses personnages anthropomorphes ou hybrides échappés des labyrinthes inconscients affirment, d'un ton un brin amusé, la permanence des divinités chthoniennes au cœur même de la modernité. Ce goût des « monstres », le dessin en apparence malhabile (la page cependant est toujours composée avec soin), la gamme restreinte de couleurs, la facture délibérément grossière et « vite fait » des sculptures, la récurrence obsédante des motifs figuratifs ou abstraits expliquent sans doute que Krizek aujourd'hui soit régulièrement associé à l'Art brut en général et tchèque en particulier. Amalgame rapide car il ne partage que superficiellement une parenté avec les « fous » et autres « artistes médiumniques » célébrés par la Compagnie de l'art brut fondée par Jean Dubuffet en 1948. Un brouillage de lecture qui n'aide guère à replacer l'art de Krizek dans son contexte singulier. Défendu par Charles Estienne, il croise les acteurs d'un art informel émancipé des astreintes idéologiques prônées par le mouvement surréaliste. Mais revendicatif d'un certain automatisme. Les œuvres de Krizek n'ont donc pas manqué d'exciter la curiosité d'André Breton à la recherche d'un second souffle surréaliste après les années sombres de la Seconde Guerre mondiale et les déconvenues de l'après-guerre. Peut-être hostile aux embrigadements, Krizek ne sera finalement d'aucune coterie, et sa correspondance avec André Breton témoigne d'une farouche indépendance d'esprit. Saisi d'une franche exaltation, il presse l'écrivain de s'accorder avec lui à « trouver un vrai homme, l'homme prémégalithique, [...] qui serait super lucide et super responsable, un homme totalement irrationnel, constitué essentiellement par la "matière première" où le "parler et dire" (la peinture et la sculpture) n'étaient pas encore séparés" 1. Las de l'isolement ou des difficultés matérielles, Krizek quittait Paris en 1962 après avoir détruit une partie de ses œuvres. Reclus en Corrèze, il mit un terme à sa carrière. Morwena Novion [1] Lettre de J. Krizek à André Breton, Paris 28 février 1959, reproduite in cat. expo. Jan Krizek, Frac Bretagne - Musée de la Cohue, Vannes, 1995, p. 15
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